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The Darkness IIArticle publié le 15.02.2012 |
Intelligemment placée avant l'aventure afin de ne pas dépayser les nouveaux arrivants, une petite vidéo récapitulant l'histoire du mal qui ronge Jackie Estacado depuis l'âge de ses 21 ans accompagne le début de The Darkness II. Deux années donc que notre jeune homme mélancolique est à la tête de la mafia new-yorkaise, après s'être débarrassé de son oncle adoptif Paulie à la fin du premier opus. Ce fut d'ailleurs à ce même moment qu'il réussit à maîtriser l'entité démoniaque et à la canaliser au plus profond de lui malgré la perte d'un être cher. Pourtant, l'histoire va de nouveau se répéter dans ce deuxième épisode. Après une attaque surprise dans un restaurant sur sa propre personne, Jackie doit, à regret, libérer le Darkness afin de découvrir qui se cache derrière ces violentes attaques. Sans trop en dévoiler dans le but de garder l'expérience intacte, le scénario reste véritablement l'aspect le plus intéressant et travaillé de The Darkness II. Quoique moins touchante que dans le précédent épisode, l'histoire s'avère être une véritable œuvre psycho-dramatique flirtant, à certains moments et aussi surprenant que cela puisse paraître, avec des films cultes comme Vol au-dessus d'un nid de coucou ou plus récemment Shutter Island. L'autre point, qui n'a pas souffert de la transition entre Starbreeze et Digital Extremes, vient de l'importance des personnages secondaires. Excepté Butcher qui fait de la figuration, tous ont un caractère et un rôle qui leur sont propres, en particulier le délirant Johnny Powell qui est de loin le protagoniste le plus peaufiné de cette suite. Un véritable travail d'orfèvre.
Le retour du Darkness est ainsi synonyme de passage à l'action. Et de l'action dans The Darkness II, il va définitivement y en avoir. Malgré des pauses méritées dans le palace de notre hôte, ce deuxième épisode se veut beaucoup plus dirigiste. Exit donc ce monde semi-ouvert dans le métro new-yorkais, le choix s'est porté ici sur une succession de niveaux nous faisant découvrir certains bas-fonds de la métropole new-yorkaise. Se baladant toujours de nuit, Darkness oblige, Jackie se voit traverser différents lieux comme un bordel malfamé, un parc d'attraction abandonné ou encore un cimetière sous la pluie, avec pour le coup des ennemis parfaitement équipés contre l'entité démoniaque (bouclier, lampe-torche). Entre chacune de ses péripéties, on retrouve, avec une joie non dissimulée, ces fameux temps de chargement dans lesquels notre personnage, toujours doublé en V.O. par Kirk Acevedo, raconte dans un fauteuil certains de ses souvenirs. A ce propos, le jeu est également disponible dans une version française tout juste satisfaisante, avec un ton assez maladroit. Heureusement que Digital Extremes a eu l'intelligence de laisser la V.O. (avec sous-titres en français bien évidemment) pour les amoureux de belles voix comme celle de Mike Patton pour le Darkness. N'omettons également pas les musiques, certes discrètes mais qui nous immergent complètement dans l'ambiance. Un vrai plus.
Le plus gros travail du développeur canadien vient sans aucun doute de l'intensité des combats et du choc visuel qui s'en dégage. On oublie les déplacements très lents du Jackie de 2007, le jeune mafieux a fait un peu d'exercice ces dernières années au niveau des jambes et peut cette fois-ci courir sur de courtes distances. Par ailleurs, les niveaux sont bien moins larges qu'auparavant, se manifestant par des ébats plus vifs et plus tendus. Mais la principale nouveauté de The Darkness II se traduit surtout par la possibilité d'utiliser les deux tentacules du Darkness pour s'en sortir, en plus du classique akimbo de flingues ou de mitraillettes. Le tentacule de droite peut ainsi trancher dans la chair ou dans des matériaux fragiles, tandis que celle de gauche a la capacité de récupérer n'importe quel accessoire traînant dans les rues (ventilateur, barre de fer...), voire carrément un ennemi légèrement étourdi entre-temps. On peut alors le finir par l'un des quatre types d'exécutions, avec un peu plus de points que la normale à la clé ainsi qu'un bonus de vie ou de munitions en fonction de l'exécution. On décapite, on arrache, on tranche, on transperce sans la moindre peine grâce à une maniabilité parfaitement calibrée. Bref, c'est une effusion de sang et de scènes gores qui nous saute constamment aux yeux, aidée par un cel-shading faisant très clairement son office malgré une ambiance moins austère que par le passé.
Cités un peu plus haut, les fameux points que l'on récupère lors des finishs s'accumulent également lorsqu'on explose des lumières (Jackie est plus faible quand il y est exposé), quand on arrache des cœurs (pour regagner de la santé) ou lors de l'enclenchement d'un des pouvoirs spéciaux. Le joueur peut par la suite les dépenser dans un arbre de compétences divisé en quatre branches dans lequel il est possible de débloquer de nouvelles capacités (comme l'essaim par exemple) et de les rendre plus efficaces au fil des upgrades. Cependant, cette particularité n'a aucune incidence sur l'approche du jeu et tous les pouvoirs peuvent au final être achetés au bout d'une seconde tentative en new game +. Le Darkling joue également un rôle plus important dans cette suite. Assez gadgets dans le premier opus, ces petits trolls se limitent dans The Darkness II à une seule entité qui nous accompagne tout au long des niveaux pour nous aider dans notre progression. La petite originalité, malheureusement pas très exploitée, se montre par la possibilité d'incarner le Darkling lors de minuscules phases d'infiltration. Apportant une certaine diversité dans l'aventure, elle met toutefois en exergue une intelligence artificielle peu adaptée face à ce genre de situations où il n'est pas rare qu'un soldat ennemi s'aperçoive un peu tard que son acolyte à deux centimètres de lui s'est fait charcuter la gorge. Heureusement que son importance dans l'histoire et ses mimiques hilarantes rattrapent ces rares phases dans le jeu.
Là où The Darkness II risque de faire grincer des dents se trouve justement dans sa courte durée de vie. Même si l'aventure se révèle extrêmement agréable par le plaisir qu'elle procure et par l'excellente histoire qui nous accompagne, on voit le bout de celle-ci en moins de six heures, même en prenant son temps et en discutant avec chacun des personnages secondaires. Néanmoins, y replonger une seconde fois dans une difficulté un peu plus élevée ne devrait pas être très décourageant, tandis que le mode Vendettas, dans lequel il est possible de jouer hors ligne seul ou en ligne jusqu'à quatre, est là pour rajouter quelques heures supplémentaires au titre. Digital Extremes a ainsi préféré enlever le multijoueur compétitif raté du premier épisode et l'a remplacé par un mode coopératif qui se situe en parallèle de la quête principale. On n'y apprend pas grand chose de plus, mais cet ajout permet de prolonger correctement l'expérience en incarnant l'un des quatre personnages disponibles possédant leur propre faculté. Et si l'on a réellement apprécié la campagne en coopération, le mode Liste Noire donne l'occasion de rejouer à ces précédents niveaux avec des objectifs différents. C'est toujours ça de pris. ![]() |
Ganon.
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7/10
| Les plus + Le scénario + Le cel-shading et la direction artistique réussis + Une maniabilité précise + Violent à souhait + Le Darkling et Johnny Powell + Possibilité de mettre la VO + L'OST |
Les moins - Assez court - Un peu trop linéaire - Une I.A un peu faiblarde - Le design enfantin de Jackie Estacado - Butcher fait de la figuration |